Rappel avant les élections

9 06 2007

Il semblerait que j’aie des affinités avec Spider Jerusalem :

What Gritty No Nonsense Comic Book Character are You?

You are Spider Jerusalem.Spider is THE journalist of the future. He smokes, he does drugs, and he kicks ass. The drugs are going to eventually kill him but not before he gets his way. And his way is the demise of the failed American dream. Although full of hate, he cares about his city. All he wants to bring the world is truth. Spider Jerusalem, conscience of the City. Frightening thought, but he’s the only one we’ve got.
Take this quiz!

En cette veille d’élections, je me permets donc de transmettre un petit cours d’éducation civique tout à fait d’actualité :

spider jerusalem on voting




Réduction du Domaine de la Lutte…

2 06 2007

Finalement, “The Big Donor Shown’était qu’un canular destiné à sensibiliser le public néerlandais sur le don d’organe. Ouf, la morale est sauve !

Cette opération restera quand même pour la chaîne un coup médiatique monumental. Pour l’instant, pas d’information sur le devenir des recettes générées par cette émission mais gageons qu’elles seront intégralement reversées à une association médicale.

Et que penser de tous ces téléspectateurs qui se seront permis en toute subjectivité de décider qui des trois malades a le droit de vivre ou mourir ?

Si The Big Donnor Show n’a pas pulvérisé le record de l’ignominie télévisuelle, il aura quand même contribué à repousser un peu plus loin la limite de l’acceptable.




Extension du Domaine de la Lutte

30 05 2007

Pendant qu’en france, on prépare naïvement une nouvelle chaine pour les geeks de tout poil, les Pays-Bas contribuent une fois de plus à l’extension du domaine de la lutte avec une émission télé dont le concept confine au génie :

Pays-Bas : qui veut gagner mon rein ?

Dernière trouvaille de la télé-réalité néerlandaise : une patiente de 37 ans en phase terminale d’une maladie incurable va décider, vendredi soir, à qui ira l’un de ses reins après sa mort (l’autre faisant l’objet d’une liste d’attente). La dame, dont on ne connaîtra que le prénom ­ Lisa ­ devra faire son choix entre trois jeunes malades, tous atteints d’insuffisance rénale. Elle se basera sur les portraits des trois candidats, filmés dans leur vie quotidienne, en conversation avec leurs parents et amis. Les téléspectateurs, eux, pourront donner leur avis par Texto.

On dit merci à Endemol !




Fouissons!’s Fifteen minutes of Fame

12 05 2007

Il semblerait que l’un de mes billets ait retenu l’attention de l’équipe d’Arrêt Sur Images qui, en complément de l’émission “Présidentielle : la bataille des mots” diffusée demain, écrit :

L’analyse des gestes serait-elle plus scientifique, plus objective que celle du discours politique ? Rien n’est moins sûr. Pour le blog Fouissons, Ségolène Royal n’a tout simplement pas de gestuelle : “Tous les orateurs usent de gestes ‘calculés’ pour appuyer leurs propos, pour les minimiser, pour transmettre un sentiment de confiance, de pugnacité… Chez Ségolène, rien. Elle semble rester les deux mains sur les bords du pupitre, comme une écolière qui récite sa leçon”. Ce qui ne l’a pas empêchée d’arriver au deuxième tour d’une élection présidentielle.

Spectateur plus ou moins régulier d’ASI depuis 1996, je ne peux que me sentir flatté de cette citation. Il faut dire que mon billet a eu son petit succès car à l’époque (en pleine ségomania) rien sur l’interweb ne traitait du sujet. C’est pourquoi il me vaut depuis lors une bonne place dans Google.

Néanmoins, c’est faire beaucoup d’honneur à mon “analyse de gestes” que de la qualifier de scientifique. Elle est née d’un sentiment de déséquilibre et de frustration alors que je suivais les débats internes du PS.

Déséquilibre entre la roideur de celle qui était alors candidate putative et l’aisance de ses deux challengers.

Frustration de constater que les militants (comme les média) allaient adouber celle qui était et reste à mes yeux la plus mauvaise oratrice des trois.

Du reste, la communication n’est pas mon champ d’expertise. J’ai reçu quelques rudiments d’expression orale quand j’étais élève ingénieur. Rassemblant ces souvenirs, je les ai confrontés à ce que je voyais et constaté qu’ils corroboraient mon ressenti.

Bref pas tant une démarche scientifique objective que le besoin de partager avec l’intarweb ce que je ne pouvais pas être le seul à voir.




Neuilly-sur-Seine Uber Alles

6 05 2007
Tout devient possible ?
Putain 5 ans…



Le débat, les regards, la victime et le sauveur absent

5 05 2007

Je regarde avec un peu de retard le duel entre Marie-Ségolène et Joe Dalton. Je m’étais trompé, il ne l’a pas broyée. Sur la forme, c’est plutôt elle qui a tiré son épingle du jeu.

Loin de ses interventions empruntées et lourdes à la tribune, elle était ce soir-là pugnace, le fixait droit dans les yeux, le dos droit. Elle parvenait même à animer ses mains de gestes naturels et opportuns.
En face, son dos était courbé, regardant ses fiches qu’il rayait parfois nerveusement en bafouillant alors qu’il était acculé. Sans arrêt, il tentait de capter le regard de Poivre et Chabot, cherchant peut-être des signes d’approbation.

Les interactions entre persones se situent parfois dans le cadre d’un triangle infernal “persécuteur - victime - sauveur”.

Petit exemple :

  • Le persécuteur, c’est la “bande de racailles”
  • La victime est la dame à sa fenêtre. Dans ce cas, par extension, ça peut être aussi le téléspectateur.
  • Le monsieur qui parle se pause en sauveur.

En essayant de “débarasser la dame de la racaille”, le sauveur devient persécuteur, crée un nouveau triangle et ça continue. Et l’émotion l’emporte sur la raison.
Ce soir là, alors qu’elle l’attaque, il se justifie tout en regardant les journalistes. Il adopte la position de victime et son regard tente de suciter la réaction d’un sauveur potentiel. Le journaliste pourrait entrer dans l’interation, jouer le rôle de sauveur en prenant à partie le persécuteur. Ce faisant, le sauveur pourrait permettre une redistribution des rôles.

Revenons à ce soir-là. Le journaliste y est, une fois n’est pas coutume, contraint de respecter une position neutre. Le journaliste n’intervenant pas, elle continue son offensive et lui reste bloqué sans son attitude de soumission. Il pourrait tout à fait la regarder dans les yeux et lui répondre de manière raisonnée ou pugnace. Il ne le fait pas et de retrouve cantonné à un rôle inattendu.

Bon, soyns juste, il est loin de rester constamment dans cette position inconfortable. Néanmoins je trouve surprenant qu’une figure habituellement motrice et “parent normatif” se retrouve si aisément dans la posture de l’enfant.

Les chienchiens pourront continuer leurs exégèses honteuses jusqu’à demain. ll n’en reste que ce soir-là, elle était, au moins sur la forme, à la hauteur. Et lui bien moins que prévu.




Pétition pour le maintien du vote papier

28 03 2007

Petit message de propagande :

Ce printemps, plus d’un million d’électeurs voteront obligatoirement au moyen d’ordinateurs, parce que leur mairie en a décidé ainsi : dans une grande partie des Hauts de Seine, à Amiens, Brest, le Havre, Reims, Le Mans, Mulhouse, etc…

Une fraude pèserait sur le résultat des élections nationales.

L’urne transparente et le dépouillement public sont remplacés par un ordinateur dont le résultat est invérifiable et dont on ne peut rien savoir pour cause de secret industriel.

Vous n’êtes pas au courant ?
C’est normal, jusqu’à peu, il n’y avait aucune information sur ce sujet, aucun débat…

Une démonstration frappante (i-Télé, 6 min)

Signer la pétition

S’informer

P&ampeacute;tition pour le maintien du vote papier




Maîtresse Marie-Ségolène punit Arnaud Montebourg

18 01 2007

Souvenez-vous, c’était il y a un bientôt un an. Arnaud Montebourg appelait les politiques à boycotter tous ces talk-shows “people”, les Ardisson, les Fogiel, les Ruquier… Ces émissions dégradantes où le politique se rabaisse à raconter des blagues-à-Toto avec l’espoir vain de faire frémir sa cote de popularité.

Et de venir chialer sur le plateau d’Arrêts sur Images, d’y dénoncer “toute une génération politique, qui s’est vendue à la télé”, de faire son mea culpa car lui aussi s’était vendu mais on ne l’y reprendrait plus, ah, ça non, ma brave dame !

Mais la tentation était trop forte. Et hier, Arnaud pêcha. Il se rendit au Grand Journal de Canal +, on lui demanda quel était le principal défaut de Ségolène et il répondit :

Ségolène Royal n’a qu’un seul défaut, son compagnon.

Ni une ni deux, maîtresse Marie-Ségolène sévit. Maîtresse Marie-Ségolène ne tolère pas l’impertinence. Tends tes mains pour reçevoir les coups de férule ! Maîtresse Marie-Ségolène te prive de porte-parolisme pour un mois ! (avec en prime un petit encadrement militaire pour t’apprendre le respect).

Comme quoi Arnaud avait raison : la politique spectacle ridiculise le politique plutôt qu’elle ne le sert !

Un point positif quand même, pendant qu’elle est occupée à se défendre de toutes ces calomnies, Ségo n’est pas obligée de prendre des positions politiques (y compris sanctionner Georges Frêche dont les dérapages sont quand même bien plus conséquents). C’est toujours ça de gagné.




Si Sarkozy n’était pas là vous seriez tous en Socialie

10 01 2007

Samedi dernier, j’étais impatient de voir Kim wilde et Jimmy Sommerville chanter des vieilleries (et pas en playback, s’il vous plait) dans une émission 80s sur France 2.
Malheureusement pour mes oreilles, les 80s furent aussi une période de gloire pour Michel Sardou. C’est pourquoi le troubadour réactionnaire vint lui-aussi pousser la chansonnette et même nous gratifier d’un inédit.

J’en profitai pour ironiser un peu : “Viens voir, c’est la nouvelle chanson de Sardou à la gloire de l’UMP !” Mais je cessai rapidement de rire quand je me rendis compte qu’effectivement, les paroles avaient été écrites par Sarkozy ! Je vous livre mes thèmes de campagne passages préférés :

  • La France, tu l’aimes ou tu la quittes !
Parlons aussi fraternité
D’où que tu viennes, bienvenue chez moi.
En sachant qu’il faut respecter
Ceux qui sont venus longtemps avant toi.
  • Flexibilité, les chômeurs c’est des feignasses de profiteurs :

Dire aux hommes qui se sont échoués
Qu’on peut refaire sa vie plusieurs fois
Sans un mot tout recommencer
Se prendre en charge, et pas charger l’État.

  • Mort à “l’enfant-roi post-soixante-huitard”, méritocratie, travailler plus pour gagner plus :

Dire aux enfants qu’on va changer
L’éducation qu’ils ont, par celle qu’ils n’ont pas.
Ajouter qu’il faut travailler
Riche et célèbre,
c’est comme un chèque en bois.
[amusant venant de Sardou !]

  • Spéciale dédicace au Medef : et si on allégeait le code du travail ?

Parlons enfin des droits acquis
Alors que tout, tout passe ici bas.
Il faudra bien qu’on en oublie
Sous peine de n’plus jamais avoir de droits.

Finalement, ce qui m’attrista le plus fut d’entendre le public applaudir comme un seul homme à la fin de ce ramassis de propagande…




Berner les Français avec leurs mots à eux

9 01 2007

Je ne souhaitais pas parler de politique ici mais finalement c’est trop tentant. Et puis mon précédent billet sur la gestuelle de Ségolène fait du hit…

On est tous d’accord, le Français déteste tous ces technocrates et leur vocabulaire élitiste et abstrus. C’est pourquoi Ségolène décida d’utiliser un vocabulaire compréhensible par les Français. De leur parler avec leurs mots à eux. Ainsi ne dit-elle pas “pouvoir d’achat” mais “vie chère”.
Le technocrate avisé n’aura pas manqué de remarquer que ces deux locutions ne sont pas vraiment interchangeables. Elles entretiennent plutôt une relation de cause à effet : la chèreté (chéritude ?) de la vie peut avoir pour conséquence la diminution de mon pouvoir d’achat.

Mais qu’importe, les Français-experts-de-leur-quotidien comprennent (la vie chère, c’est le quotidien des Français, hein ?) et c’est pas là que je voulais en venir.

Donc soucieuse d’être clair auprès des Français, Ségo, en visite en Chine, les gratifia Samedi d’une nouvelle ségollerie :

“Comme le disent les Chinois, qui n’est pas venu sur la Grande muraille n’est pas un brave. Qui va sur la Grande muraille conquiert la… bravitude”

L’anectode pourrait juste prêter à rire mais voilà que notre amie en tailleur blanc remet le couvert Dimanche. Les “droits de l’Homme”, semble-t-il, provoquent des crises d’urticaires aux dirigents chinois. Peu lui chaut ! Pour pouvoir leur parler des choses qui fâchent tout en restant courtois, Ségo entend plutôt aborder le concept, plus vaste, de
“droits de l’humain”.

C’est vrai que c’est pas pareil. Les Français le savent bien : dans les humains, il y a les hommes ET les femmes, du coup c’est tout de suite deux fois plus vaste !

Comment ? “Homme” avec un grand H ça veut déjà dire les hommes ET les femmes ?

Comment ? En anglais, “droits de l’Homme” se dit “human rights” ?

Comment ? Mon petit doigt me dit qu’en chinois c’est pareil ?
Est-ce que Ségo tenterait donc de masquer aux Français la banalité de son propos par des formules excentriques ?

On sent les Français vigilants prêts à régurgiter toutes ces couleuvres. Heureusement M. Jack Coup de Lang, à l’affût, éclaire notre lanterne :

“[Ségo] établit un lien très étroit entre les droits sociaux, les droits de la personne les droits de l’environnement, et je crois que c’est une vision originale et forte du respect des droits humains” [mais encore ?]

Puis, décidément généreux en tartuferies :

“Le mot [bravitude] est beau, il exprime la plénitude d’un sentiment de bravoure”.

Les Français vigilants sont rassurés, ils peuvent se rendormir. Dévigiler, en quelques sortes.